Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 15:44

link
1. Le début de l’aventure

 

Après deux manuscrits refusés par plusieurs éditeurs, je me sens enfin prête à tenter l’aventure de l’auto-édition. C’est décidé, mon troisième roman, « Les années fastes », ne traînera pas pendant des mois sur les bureaux de lecteurs peu motivés. C’est une idée qui mûrit depuis un moment dans mon esprit car je sais bien que cette démarche nécessite de grandes préparations. Et à ce stade-là tout ne fait que commencer. Certes, j’ai déjà lu l’ouvrage de Nicolas Delecourt et de Laurence Happe-Durieux Publier son livre (Editions du puits fleuri, Héricy 2005), surtout sa quatrième partie consacrée à l’auto-édition. Et j’ai déjà choisi mon imprimerie, Jouve, car leur site www.imprimermonlivre.com est bien fait et leurs tarifs me paraissent raisonnables. Bien avant de terminer mon manuscrit, j’ai fait plusieurs devis gratuits sur ce site en changeant des paramètres : le format, le nombre de pages, les délais et le tirage. Mon impression doit me coûter autour de mille euros, ce n’est pas donné, certes, mais je me dis qu’il faut le voir comme un investissement.

Après l’impression du devis, je reçois un message de Juan Arias, le webmaster de Jouve, qui veut savoir si je souhaite y donner suite. Je l’interroge sur les délais d’impression habituels. Il me parle de deux semaines environ et du mois de décembre à éviter (à cause des fêtes, j’imagine ?). Ca tombe bien, j’espère que mon livre sortira avant, pour pouvoir l’offrir comme un cadeau de Noël. Je me fixe donc le mois de novembre comme limite pour l’envoi du manuscrit.

Pour que tout soit prêt, il faut déjà commander un numéro ISBN auprès de l’organisme AFNIL, comme l’indique l’un des guides disponibles sur le site www .imprimermonlivre.com. Selon l’AFNIL, les délais sont de l’ordre de 3 semaines, il ne faut donc pas attendre la dernière minute avant l’impression. Pour cette raison, je fais ma demande le 25 octobre 2007. Sur le formulaire de l’AFNIL, deux points me posent problème. Le premier, c’est « la marque éditoriale qui figurera sur les ouvrages ». Car je suis moi-même mon propre éditeur. J’avoue que je n’y ai jamais pensé auparavant. Mettre mon nom de famille me paraît un peu amateur, inventer un nom inédit et original n’est pas facile. Après quelques hésitations, je me décide pour Lahn Editions, d’après la ville de Marburg-sur-Lahn en Allemagne dont je garde tant de souvenirs. Pour vérifier si ce nom est disponible, je me contente de quelques recherches sur Internet. De toute façon, le dépôt de la marque n’est pas prévu dans mon budget.

Le deuxième point problématique est le nombre de pages. Pour l’avoir, il faut d’abord effectuer la mise en page au format fini (14x20). Mais grâce à un autre guide mis à ma disposition par www.imprimermonlivre.com, c’est un jeu d’enfant. Il suffit d’observer rigoureusement la distinction entre pair/impair et le nombre standard de pages blanches. Tout de même, je suis surprise par cette différence en nombre de pages provoquée par le passage de A4 au format fini. Maintenant mon livre a presque 200 pages au lieu de 140… ce qui veut dire également : revoir à la hausse le devis mais aussi le prix du livre (15 euros au lieu de 12 prévu initialement).

Le formulaire de l’AFNIL contient aussi la question sur le tirage et le prix, mais là j’ai pris ma décision il y a un certain temps. Plusieurs auteurs témoignant de leur collaboration avec Jouve affirment avoir vendu entre 500 et 650 exemplaires de leur livre. Je décide donc d’en faire imprimer 400 pour commencer, pour ne pas se trouver trop vite en rupture de stock… Et oui, si on n’y croit pas dès le début, alors l’aventure n’a aucun sens !

A ma grande surprise, la réponse de l’AFNIL arrive à peine quelques jours plus tard : le 29 octobre j’ai déjà ma liste de 10 numéros ISBN ! Très fière, je mets le premier sur ma couverture qui est justement en cours de création. Cette couverture bicolore, blanc rouge, c’est mon nouveau défi. En la réalisant moi-même, j’économise autour de 300 euros, ce qui n’est pas négligeable. D’autant plus que je n’ai aucune envie de payer de droit d’image. Mes images, je les fais moi-même en m’inspirant de l’iconographie de Staline et de Sainte Thérèse d’Avila. Le premier est « reconnaissable », selon l’avis général, la deuxième ne le sera sans doute que pour les connaisseurs mais là ce n’est pas ma faute. Contente de mes dessins, je les scanne et j’essaie de disposer les images sur un fond rouge et blanc en dégradé. Hélas, il y a là un problème de transparence qui n’est pas facile à contourner. Encore heureux que j’aie choisi les portraits en noir et blanc, sinon tout serait beaucoup plus compliqué. Je passe plusieurs heures à la recherche d’une solution, surtout avec « Thérèse » qui s’obstine à faire apparaître le fond rose à travers la blancheur de son visage. Je n’y arrive finalement qu’en passant par Paint, grâce à quelques retouches avec la gomme que je manipule avec toutes les précautions imaginables. Ouf, désormais ça doit aller. Je peux donc terminer ma couverture avec sa première et sa quatrième, toujours suivant les indications de mon imprimeur.

Maintenant que le texte est relu et corrigé maintes fois, il n’y a plus qu’à le convertir au format PDF, en téléchargeant Cute PDF pour la partie noir et blanc et PDF Creator pour la couverture. J’imprime mon texte au format fini ainsi que la couverture, je joins mon devis et mon chèque et j’envoie tout à Jouve. Entre temps, on est déjà fin novembre, mon livre sera donc imprimé au mois de décembre qui était justement à éviter. Mais tant pis, je ne voulais pas faire les choses précipitamment.

En attendant, je m’occupe de la création de mon site Internet sur lequel je compte beaucoup pour la promotion et la diffusion de mon bouquin. Pour ce faire, je choisis le prestataire www.e-monsite.com recommandé par Guy Boulianne dans son guide « Comment écrire, publier et promouvoir son livre efficacement ». C’est un e-book mis en vente par le site www.mille-poetes.com qui contient de nombreux conseils très utiles. E-monsite y est conseillé à ceux qui n’ont aucune connaissance en informatique ni en HTML, ce qui est exactement  mon cas ! Pour mon site, je m’inspire largement de celui de Stéphane Rubin, auteur de « Ces petits riens si parisiens » qui est passé par Jouve longtemps avant moi en laissant de nombreux témoignages dans les guides. Stéphane Rubin a fait un site exemplaire www.petitsriens.com, avec les rubriques qui s’imposent à un auteur auto-édité : accueil, extraits, points de vente, commande (avec un formulaire de commande à imprimer). La seule chose à laquelle il n’a pas pensé, c’est le paiement en ligne. Mais son livre est sorti en 2005, à cette époque on ne pouvait pas prévoir l’explosion des achats sur Internet avec les systèmes de paiements sécurisés. Aujourd’hui, on n’imagine plus la vie sans Paypal. J’ouvre donc un compte chez Paypal et place sur mon site le bouton d’achat immédiat pour faciliter les transactions.

Si Stéphane Rubin a carrément indiqué son adresse perso dans son livre, moi je tiens au respect de ma vie privée. Surtout qu’en pensant à mon futur succès littéraire, j’imagine tout de suite la boîte à lettres débordante, les foules de fans devant l’entrée, le courroux du gardien, la colère du facteur… bref, tous les inconvénients de la célébrité. Je décide donc d’ouvrir une boite à lettres, ce qui me coûtera 93 euros pour 6 mois plus une caution de 40 euros pour la clé. Encore un investissement – avant de récolter enfin les fruits de mon travail.

J’achète également plusieurs dizaines d’enveloppes à bulles sur e-bay car je m’attends toujours à crouler sous les commandes. Je confectionne des étiquettes avec ma nouvelle adresse postale et je commande les cartes de visite gratuites chez Vista Print.

Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre l’impression. Une semaine avant Noël, je reçois le projet de la couverture et signe un BAT. Quelques jours plus tard arrive le premier exemplaire du livre : l’imprimerie a décidé de changer de papier et il faut re-signer le BAT. Ensuite il y a les vacances de Noël, l’impossibilité de se mettre d’accord sur la date de livraison, bref, ce n’est que le 12 janvier que je reçois enfin mes 7 cartons tant attendus. Mais ça valait la peine d’attendre, je les trouve tellement beaux, mes livres rouge et blanc, j’ai tout de suite envie en offrir plein à toute la famille, aux copains, aux collègues, à mon banquier et au professeur de ma mère. Et tant pis si ce ne sera pas un cadeau de Noël. Après tout, les vœux de Nouvel an, c’est jusqu’au 31 janvier…

 

Par Ida Junker
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus