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4. Autres pistes à explorer
Le monde associatif, accueillant et impénétrable
J’essaye de me renseigner sur d’autres salons du livre. Mais à part celui de Paris, fermé aux auteurs auto-édités, je ne trouve pas grand-chose dans ma région. Au niveau national, il y a quelques salons thématiques comme le Salon du livre de l’histoire de Blois qui aura lieu en octobre et auquel je me vois mal assister avec un bébé de trois mois sur les bras. Autrement, il y a un salon de l’association « Lire la politique » dont j’apprends un peu tard l’existence. Néanmoins, séduite par quelques grands noms sur la liste des adhérents, j’y adhère aussi en tant que « membre étudiant » : vu l’état de mes finances, je ne peux pas faire mieux. Mes dernières économies sont allées à « l’Association des Auteurs Autoédités » dont le but déclaré est de « réhabiliter aux yeux des critiques, des médias et du public le livre édité - imprimé et lancé – par son auteur ». En dehors d’exposer sur son site les ouvrages de ses membres, cette association organise un salon annuel des auteurs indépendants. Le salon 2008 est prévu en automne et il va sans dire que je compte y participer.
En général, il paraît que les activités associatives donnent aux auteurs de multiples possibilités en terme de diffusion. Tout au moins un bon carnet d’adresses. Hélas, le travail, la vie familiale et la peur du chômage ne facilitent pas le bénévolat. Voilà pourquoi le rapprochement entre les jeunes actifs et les associations reste souvent quelque peu timide et hésitant. La nouvelle génération de bénévoles cherche à s’engager sans donner trop de son temps et de son argent ; les associations, de leur côté, ne refusent pas les contributions financières mais restent un peu méfiantes à l’égard des nouveaux venus…
Néanmoins, je contacte la section asniéroise de l’association Accueil des Villes Françaises qui inclut, entre autre, un cercle de lecture. Ne croyant pas trop en cette démarche, je suis surprise d’apprendre par la suite que Madame Bochu, la responsable du cercle de lecture, a déjà lu mon livre à la Médiathèque d’Asnières et aimerait le proposer à la discussion lors d’une des prochaines réunions du cercle. Bien évidemment, j’accepte avec joie : ça me donnera enfin l’occasion de parler de mon roman en public ; quant aux participants du cercle, ils seront obligés de l’acheter pour pouvoir le lire. Effectivement, quelques semaines plus tard j’ai un appel de la Librairie Nouvelle, celle qui m’avait refusé le dépôt auparavant. Ils veulent maintenant se rattraper en m’en prenant plusieurs exemplaires. Certes, il aurait été plus rentable pour moi de faire cette transaction directement avec le cercle de lecture. Mais je me dis qu’il ne faut jamais négliger les bons contacts avec les libraires.
Cependant, peut-on compter sur eux pour vous faire de la publicité ? Honnêtement, j’en doute. Pour les séances de dédicace, c’est pareil, les libraires n’aiment pas les auteurs peu connus. On a nettement plus de chance auprès de Jean-Lou Guérin, pour ses mardis littéraires au Café de la Mairie, dont la fréquentation reste malheureusement minime. En tout cas, lors de la séance du 11 mars à laquelle j’ai assisté, le nombre d’intervenants dépassait légèrement le nombre de lecteurs potentiels. Quant au cadre décrit par le prospectus comme « chaleureux et convivial », je l’ai trouvé plutôt désolant. Mais que voulez-vous, de nos jours les écrivains ne sont pas très gâtés en matière de salons littéraires. Voilà pourquoi ils sont prêts à attendre plusieurs mois avant de devenir la star d’un mardi, ne serait-ce que pour capter très brièvement l’attention d’une dizaine de personnes.
Contacter les journalistes
A vrai dire, je n’ai pas trop d’espoir là-dessus et probablement il s’agit d’une nouvelle dépense inutile (pourquoi l’envoi de livres coûte-il si cher ?) Mais je suis convaincue que pour bien faire, il est indispensable de passer par là. Je crée donc une base de données, en essayant de trouver les adresses de rédactions sur Internet, ce qui s’avère assez difficile en ce qui concerne la presse écrite. Pour accéder à des informations complètes, avec les adresses, les noms d’interlocuteurs et souvent leurs numéros de téléphone, il vaut mieux acheter un numéro du magazine ou du journal en question et en découper la page appelée « l’ours ». Sur la base de ces coupures, je crée un tableau Excel avec 19 noms de journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision.
Dont Jérôme Béglé de Paris Match, le co-organisateur de la Journée du Livre d’Asnières qui, de son propre aveu, reçoit une douzaine de livres par jour pour n’en lire que trois ou quatre par semaine. Je sais qu’au vu de telles statistiques, mes chances sont extrêmement minces mais je préfère garder espoir. Pascal Le Guern, un autre participant de la Journée du Livre, n’affirme-t-il pas dans son ouvrage « Savoir communiquer avec la presse » que les journalistes sont des êtres extrêmement curieux ? J’écris des dédicaces sympas à tous les 19, je joins à chaque envoi une carte postale imprimée à mon nom, une courte lettre et un communiqué de presse. Je dépose personnellement la grande partie des envois aux Services de Presse des magazines et j’envoie le reste par courrier. Sans nouvelles depuis cette date, je me dis que le tour de mon bouquin viendra sans doute un jour (« mes poèmes sont des vins précieux », écrivait Marina Tsvetaëva). Ce jour-là, les 19 chroniqueurs seront contents d’avoir dans leurs bibliothèques une telle rareté.
Ah oui, il y a quant même PPDA qui m’a envoyé une carte de remerciements. Il y a aussi un journaliste de province, ami de la famille qui, après avoir lu mon bouquin, affirme que son sujet est mal choisi car aujourd’hui « la Russie n’intéresse plus personne ». Parfois j’ai aussi cette même impression. Mais alors pourquoi les éditeurs continuent-ils à publier des livres sur la Russie ? Et quelle est la meilleure solution pour moi ? Attendre 2010, l’année de la Russie en France ou 2014, l’année des jeux olympiques à Sotchi? Ou bien me rabattre sur des régions plus attractives géographiquement ?
A quoi servent les prières d’insérer ?
Loin d’être une formule magique qui vous ouvre les portes du monde journalistique, la prière d’insérer a à peu près la même efficacité qu’un communiqué de presse publié sur le Net ou un exemplaire envoyé à titre de Service de Presse. J’en ai eu la preuve en suivant rigoureusement les conseils de Lorenzo Soccavo (« J’ose éditer mon livre », page 129). Envoyés à Livres Hebdo, Notes Bibliographiques et Page des Libraires, mes fiches de publication n’ont provoqué aucune réaction et très probablement, n’ont été insérées nulle part.
Les prospectus
Je prépare quelques centaines de prospectus informant de la sortie de mon livre, pour pouvoir les déposer sur les sites en rapport avec son sujet : Centre des Etudes Slaves rue Michelet, Centre Malesherbes où je dois me faire passer pour une enseignante afin que le vigile accepte de me faire entrer, CERCEC, INALCO et le centre culturel russe rue Boissière. D’autre part, je les dépose ou les distribue lors de toutes sortes de manifestations consacrées à la Russie, sous le regard légèrement inquiet de leurs organisateurs.
Les lecteurs à défaut d’acheteurs
Pour augmenter la visibilité de mon texte, je participe au programme Partenaires de Google books. Il s’agit de textes numérisés et mis en ligne partiellement ou entièrement. Si sur mon site je ne pouvais afficher que quelques pages de mon livre, Google books m’a permis d’en publier 20 % - ce qui est, de mon point de vue, largement suffisant pour savoir si vous avez ou pas envie d’acheter ce texte. C’est un peu comme une librairie virtuelle qui permet aux lecteurs de feuilleter le livre en question, avant de passer à la caisse… ou de le remettre à sa place.
Les visiteurs à défaut de lecteurs
En créant et ensuite en perfectionnant mon site Internet, je n’ai rien inventé. Je me suis inspirée de sites existants, j’ai aussi mis en œuvre des idées exposées dans les e-books bien connus des spécialistes : « Comment créer un site Internet attractif » de Sylvain Milon (http://www.smconseils.net) et « 25 conseils pour faire connaître son site Internet » de Frédéric Canevet, offert par le site www.ConseilMarketing.fr. Mais malgré touts mes efforts, je n’avais toujours qu’une centaine de visiteurs par mois. Et voilà que depuis deux semaines tout a changé et je suis moi-même à l’origine de ce miracle informatique. J’ai attendu longtemps avant de passer à cette mesure radicale : booster le trafic de mon site. D’une part parce que ce moyen d’augmenter le nombre des visiteurs m’a toujours paru un peu artificiel. D’autre part, en chercheuse avertie, j’essaie de changer un seul paramètre à la fois pour voir comment les choses évoluent. Après le référencement, les communiqués de presse, les réseaux sociaux et les prospectus, c’est enfin au tour de programmes d’affiliation qui vous permettent d’acheter les visiteurs. Le plus économique et le plus amusant, c’est sans doute Allosponsor. Pour un euro seulement, il vous garantit le minimum de cinquante visiteurs supplémentaires. Il vous suffit simplement de choisir un autre site, mieux fréquenté que le vôtre dont vous deviendrez le sponsor provisoire – jusqu’au moment où un autre sponsor prendra votre place. Ce qui est amusant là-dedans ? Voir votre audience exploser en choisissant un site affilié au nom un peu racoleur (mais tout de même en rapport avec votre sujet). A un moment, je me souviens d’avoir choisi Alliance Dating, un site de rencontres avec des femmes russes. Je me voyais porteuse d’une noble mission, j’offrais aux amateurs de la beauté slave une possibilité de se cultiver un peu et d’apprendre des tas de choses sur le pays de leurs fantasmes. Malheureusement, un autre sponsor a raflé ma mise quelques heures seulement après le début de la campagne. Maintenant, je tente ma chance avec des sites plus intellectuels et forcément moins cotés mais qui vous permettent de rester dans la course un peu plus longtemps…
E-book
Depuis le 27 mai mon livre est en vente sur mon site également en version e-book, au prix de 5 euros. Pour l’instant, je n’ai pas eu le temps de constater si cette innovation le rend plus désirable aux yeux des acheteurs.
Y-a-t il des choses que je n’ai pas encore essayées ? Je n’ai pas encore mis mon livre en téléchargement gratuit, ce qui sera probablement la dernière étape de mon expérience. Je n’en ai pas encore fait mon moyen de paiement personnel. Et je ne l’ai pas offert à toutes les bibliothèques parisiennes. Je commence à y penser sérieusement, d’ailleurs. En effet, je n’ai jamais compris pourquoi tant d’auteurs préfèrent voir leurs livres partir au pilon plutôt que les offrir.
Autre chose que je n’ai pas tentée est le colportage mais honnêtement, je n’y crois pas trop. Même si un jour je mets mon présentoir devant la gare d’Asnières, peu de gens voudront l’acheter à son prix actuel et, comme il est sorti il y a six mois, il me faut patienter encore un an et demi avant de le brader. En attendant, j’ai décidé d’en écrire d’autres… et de retenter l’aventure.